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Saltarello

Saltarello

Matthieu Dhennin

“Saltarello” est le nom d’une danse venue d’Italie, qui devint populaire en France au XIVe siècle. Cet air, à la fois joyeux et inquiétant, est le fil conducteur d’un roman médiéval à clés, qui entraîne le lecteur de messes noires en procès en inquisition, de la cour du roi aux étals des bouchers.

En 1348, la peste noire venue d’Orient déferle sur l’Europe et décime la moitié de la population. Les médecins s’avèrent impuissants face à ce fléau qu’ils ne savent ni soigner ni même contenir. De plus, depuis 1337, le trône de France vacille. La loi salique peine à imposer la légitimité de souverains faibles face aux revendications des Anglais. La guerre de cent ans bat son plein. Mais après plusieurs batailles qui se soldent par de cuisants échecs, le roi de France Jean II est fait prisonnier à Londres. Une immense rançon est exigée. Les Anglais occupent alors une grande partie du territoire français, jusqu’aux portes de Paris. Dans le même temps, un schisme ne tarde pas à éclater entre Rome et Avignon, d’où deux papes s’excommunient mutuellement. L’atmosphère, autant dans les villes que les campagnes, est explosive. Les impôts sont trop lourds, les repères sont perdus. Des émeutes éclatent ça et là, fragilisant encore plus le pouvoir royal. C’est dans ce terreau que, fascinés par une mort omniprésente, se développent des cultes satanistes où d’obscurs groupuscules se livrent aux pratiques les plus répréhensibles.

Et pourtant, dans ces circonstances douloureuses et dans les rues boueuses de Paris, la vie continue. Les arts renaissent, les sciences progressent, la prospérité revient. Au fil de ces années de plomb, de mercure et d’or, on rencontre des personnages historiques, rendus vivants par une plongée dans leur quotidien, ainsi que toute une galerie de personnages fictifs spécialement truculents, dépeignant la société parisienne du XIVe siècle. On découvre ainsi les fastes du duc de Berry, flamboyant mécène et protecteur des artistes. On rencontre le roi de France, au hasard du donjon de Vincennes ou de l’hôtel Saint- Paul, dans le Marais. A la Sorbonne, on entend les brillantes théories de Nicole Oresme, sans doute le plus grand penseur du Moyen Âge. On côtoie la délicieuse poétesse Christine de Pizan, ainsi que le célèbre cuisinier Taillevent, qui a rédigé le premier recueil de recettes de cuisines. On suit également l’intriguant Nicolas Flamel, le libraire soupçonné de pratiques alchimistes. Tous, guidés par l’air entraînant du “Saltarello”, semblent avoir à cœur de chercher à s’emparer, puis de se débarrasser, d’un mystérieux ouvrage d’alchimie, le livre d’Abraham le Juif.

Si ce récit revu par Danièle Alexandre-Bidon – docteur en histoire et civilisation médiévale et conseil historique du film de Jean-Jacques Annaud, Le nom de la Rose – est une fiction, il n’en reste pas moins historiquement plausible, tant dans le vocabulaire utilisé, les événements évoqués, les faits et gestes décrits, l’ambiance reproduite.

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Éditeur : Actes Sud Langue : français
Genre : Littérature Sortie : 2 novembre 2009
Sous-genre : Roman historique

Disponible chez :

Biographie

Matthieu Dhennin

Né à Lille en 1974, Matthieu Dhennin y a fait des études d’ingénieur. C’est durant ses études, qu’à la fin des années 90, il a mis en ligne le tout premier site internet sur le réalisateur yougoslave Emir Kusturica. Le site s’est depuis enrichi de nombreuses informations sur les films, une iconographie riche, des textes illustrant la complexité culturelle des Balkans et une actualité constamment mise à jour. Il est depuis considéré comme le site officiel du réalisateur : www.kustu.com. En 2006, constatant qu’il n’y avait aucun ouvrage en français sur ce réalisateur, Matthieu Dhennin décide de lui consacrer un essai, complémentaire au site internet : Le lexique subjectif d’Emir Kusturica. Publié aux éditions L’Âge d’Homme sous la direction de Freddy Buache, l’ouvrage est organisé sous forme d’entrées multiples, en trois parties. Sa forme est un hommage au Dictionnaire Khazar de Milorad Pavic. Il se lance ensuite dans l’écriture de romans historiques. Le premier, Saltarello, se déroule à Paris au XIVème siècle et a pour cadre l’alchimie. Il est publié en 2009 chez Actes Sud, sous la direction d’Aude Gros de Beler. Il sera suivi en 2013 par Migne Mystique, publié aux éditions Imperiali Tartaro et qui plonge le lecteur dans l’étrange atmosphère silencieuse d’un béguinage flamand. Ces deux romans sont le fruit d’importants travaux de recherches, notamment sous la direction de Danièle Alexandre-Bidon, spécialiste de la vie quotidienne au Moyen-Âge. Ils se sont vendus chacun à plusieurs milliers d’exemplaires et furent salués par la presse spécialisée aussi bien que la presse généraliste. Il a également publié une nouvelle dans le numéro 100 de la revue « Brèves » en janvier 2013.
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